Page:Comte - Discours sur l’esprit positif.djvu/42

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


fisante conformité de sentiments, et une certaine convergence d’intérêts. La déplorable situation philosophique de l’élite de l’Humanité suffirait aujourd’hui pour dispenser, à cet égard, de toute discussion, puisqu’on n’y observe plus de vraie communauté d’opinions que sur les sujets déjà ramenés à des théories positives, et qui, malheureusement, ne sont pas, à beaucoup près, les plus importants. Une appréciation directe et spéciale, qui serait ici déplacée, fait d’ailleurs sentir aisément que la philosophie positive peut seule réaliser graduellement ce noble projet d’association universelle que le catholicisme avait, au moyen âge, prématurément ébauché, mais qui était, au fond, nécessairement incompatible, comme l’expérience l’a pleinement constaté, avec la nature théologique de sa philosophie, laquelle instituait une trop faible cohérence logique pour comporter une telle efficacité sociale.


L’aptitude fondamentale de l’esprit positif étant assez caractérisée désormais par rapport à la vie spéculative, il ne nous reste plus qu’à l’apprécier aussi envers la vie active, qui, sans pouvoir montrer en lui aucune propriété vraiment nouvelle, manifeste, d’une manière beaucoup plus complète et surtout plus décisive, l’ensemble des attributs que nous lui avons reconnus. Quoique les conceptions théologiques aient été, même sous cet aspect, longtemps nécessaires afin d’éveiller et de soutenir l’ardeur de l’homme par l’espoir indirect d’une sorte d’empire illimité, c’est pourtant à cet égard que l’esprit humain a dû témoigner d’abord sa prédilection finale pour les connaissances réelles. C’est surtout, en effet, comme base rationnelle de l’action de l’Humanité sur le monde extérieur que l’étude posi-