Page:Conan - Angéline de Montbrun, 1919.djvu/22

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P. S. — Le docteur L…, qui flaire quelque chose, est venu pour me faire parler ; mais je suis discrète. Je lui ai seulement avoué que tu m’écrivais avoir perdu le sommeil.

— Miséricorde, m’a-t-il dit, il faut lui envoyer des narcotiques, vous verrez qu’il s’oubliera jusqu’à donner une sérénade.

Et le docteur entonna de son plus beau fausset :

Tandis que dans les pleurs en priant, moi, je veille,
Et chante dans la nuit seul, loin d’elle, à genoux…

Pardonne-moi d’avoir ri. Tu as peut-être la plus belle voix du pays, mais prends garde, M. de Montbrun dirait :

Le vent qui vient à travers la montagne…

Achève, et crois-moi, n’ouvre pas trop ta fenêtre aux vagues rumeurs de la nuit : tu pourrais t’enrhumer, ce qui serait dommage. Si absolument tu ne peux dormir, eh ! bien, fais des vers. Nous en serons quittes pour les jeter au feu à ton retour.

M.