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LOUIS HÉBERT



« Louis Hébert, premier chef de famille résidant au pays, qui vivait de ce qu’il cultivait. » — Champlain.
Louis Hébert, « le premier Acadien et le premier Canadien ». — M. Émile Salone.
« La colonisation du Canada français est une épopée illustrée par les plus vaillants, quoique les plus obscurs courages, où un héroïsme de tous les instants n’a eu d’autre témoin que le Dieu qui veille aux destinées des nations et, pour les rendre plus fécondes, multiplie, dès origine, les sacrifices et les épreuves. »Arthur Buies.


À un concours, organisé naguère à Montréal, on demandait quel est le plus grand fait de l’histoire du Canada. — « Le geste de Louis Hébert jetant le blé en terre », répondit Madeleine.

Je ne sais plus si l’aimable chroniqueuse remporta le prix, mais je me souviens que plusieurs dirent qu’elle le méritait.

L’œuvre du défricheur est vraiment l’œuvre de vie, et le premier colon de la Nouvelle-France eut tant d’obstacles à vaincre, il personnifie si noblement l’héroïsme obscur, l’humble et pur patriotisme !

Ce n’était ni la pauvreté, ni la cupidité qui avaient mis la hache et la pioche aux mains de ce pharmacien de Paris. Son père, apothicaire de la maison royale, lui avait laissé du bien et aussi, semble-t-il, sa charge fort lucrative.

Louis Hébert avait donc devant lui, en France, un bel et tranquille avenir bourgeois. Mais il n’était pas homme à