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silhouettes canadiennes

misère, parfaitement instruites de leur religion, qui n’ignorent rien de ce qu’elles doivent savoir pour s’occuper utilement dans leurs familles, et qui, par leurs manières, leur façon de s’exprimer et leur politesse ne le cèdent point à celles qui, parmi nous, ont été élevées avec le plus de soin. C’est la justice que rendent aux filles de la Congrégation tous ceux qui ont fait quelque séjour au Canada. »

Aussi, dès 1667, les habitants de Ville-Marie tinrent une assemblée générale et adressèrent au roi une requête demandant que la Congrégation de Notre-Dame fût autorisée par des lettres patentes.

La Sœur Bourgeoys ne voulait d’autre protection que celle de Dieu ; elle dut pourtant céder aux désirs de tous et passa en France. Elle s’embarqua n’ayant pas même dix sous, mais comme on l’a dit, sa vie est un admirable plaidoyer en faveur de la Providence.

À la demande de Colbert, Louis XIV accorda des lettres patentes les plus élogieuses et le grand ministre les fît enregistrer au Parlement de Paris, afin qu’elles ne rencontrassent aucun obstacle au Conseil souverain de Québec.

Cependant plus de vingt ans devaient s’écouler avant que l’autorité épiscopale approuvât l’institut de la Sœur Bourgeoys.

Quel est le fondateur qui n’a pas souffert de ses amis, de ses frères et de ses pères dans la foi ? « Pour montrer que le dessein de ce nouvel institut était venu d’En-Haut, dit M. Faillon, Dieu permit que l’autorité épiscopale, quoique diri-