Page:Conan - Un amour vrai, circa 1897.djvu/8

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moi. Même je ne suis pas sûre de ne pas vous en vouloir un peu. Aux quatre vents du ciel les obstacles ! Croyez-moi, tout est vanité, à part marcher sur la mousse et respirer le salin. Descendez vite. Il me tarde de vous faire les honneurs de la Malbaie. Kamouraska a bien ses agréments. J’ai un faible pour Tadoussac, pour ses souvenirs, pour sa jolie baie, grande comme une coquille, mais la Malbaie ne se compare point.

Cette belle des belles a des contrastes, des surprises, des caprices étranges et charmants. Nulle part je n’ai vu une pareille variété d’aspects et de beautés. Le grandiose, le joli, le pittoresque, le doux, la magnificence sauvage, la grâce riante se heurtent, se mêlent délicieusement, harmonieusement, dans ces paysages incomparables.

Ô mon beau Saint-Laurent ! ô mes belles Laurentides ! ô mon cher Canada ! Excusez ce lyrisme : c’est demain notre fête nationale.

La Malhaie n’a qu’un défaut, l’affluence des étrangers. Si j’étais reine, je me contenterais de cette campagne enchantée pour mon royaume, mais j’en défendrais l’entrée d’abord à toutes celles qui lisent des romans, ensuite à tous ceux qui se croient qualifiés pour gouverner et réformer le pays. Qu’en dites-vous ? Mais en attendant, c’est un bruit, un mouvement, un va-et-vient continuel.

Les étrangers n’ont ici que l’obligation de ne rien faire. Aussi, comme on s’y promène ! Tous les jours, pique-niques, parties de plaisir de