Page:Conférences sur la reliure et la dorure des livres.djvu/29

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nous appelons aujourd’hui de simples cartonnages. L’exemple que je mets actuellement sous vos yeux est excessivement rare, c’est la première fois que je le rencontre, et, à ce point de vue, il est précieux pour l’histoire technique de la reliure. Il ne détruit pas, je crois, l’idée de voir commencer au milieu de 1500, les reliures molles en veau, en maroquin et surtout en vélin, car je le considère plutôt comme une exception que comme un usage répandu.

Pendant que nous avons sous la main une certaine quantité de documents, sans vouloir entrer dans les menus détails de la fabrication, qui vous sont savamment indiqués par les professeurs qui veulent bien s’attacher à nos cours du soir, je ne veux pas quitter ces premières phases de l’art, sans attirer votre attention sur la couture ancienne des livres ou, pour mieux dire, sur ce que nous appelons aujourd’hui les mors d’une reliure.

En vous apprenant la manière de coudre un livre, on vous a fait observer en même temps que le choix de la grosseur du fil avait pour but d’obtenir dans le fond des cahiers une plus ou moins forte épaisseur, c’est ce que nous appelons en terme de métier, fournir du dos, à l’effet d’avoir un mors suffisant pour y loger les cartons. Eh bien ! les anciens ne faisaient pas de mors, c’est une des manipulations du métier qu’ils n’ont pas trouvée, et ce perfectionnement est d’invention plus récente. Il peut remonter, avec un peu de bonne volonté, à peu près à la moitié du seizième siècle.

Je m’exprime ainsi, car une grande quantité de reliures de cette époque paraissent, sous ce rapport, avoir été faites avec un mors destiné à loger