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stitution naturelle ou harmonique de la société humaine.

Déterminer les fonctions de l’humanité dans l’ordre général de l’univers et trouver le moyen d’appliquer toutes les forces humaines à l’exercice de ces fonctions.

Nous avons essayé de prouver que la vie de l’homme étant intimement liée à l’harmonie des éléments terrestres, sa fonction devait être précisément un travail ayant pour but d’établir, de généraliser et de maintenir cette harmonie. Ce travail est en même temps celui qui est nécessaire à l’entretien de la vie humaine ; de sorte qu’en paraissant s’occuper uniquement, dans la gestion du globe, des besoins et des convenances de sa propre nature, l’homme continue pourtant l’évolution déjà commencée avant son apparition sur la terre, et remplit ainsi ses fonctions dans l’ordre général. Il nous reste maintenant à indiquer par quels moyens toutes les facultés intellectuelles, passionnelles et physiques de l’homme peuvent être dirigées vers l’accomplissement de la fonction. Si ces moyens étaient trouvés, l’humanité entrerait quand elle le voudrait dans les voies de la destinée et du bonheur. Or, notre conviction est que les plans d’Association présentés par Fourier donnent la solution du problème de l’emploi de toutes les forces humaines à l’exercice de la fonction. Les idées générales que nous exprimons dans ce mémoire sont puisées à la source que nous venons d’indiquer. Toutefois, les erreurs qui pourraient y être commises ne doivent point être attribuées à la théorie de Fourier ; elles ne seraient imputables qu’aux interprétations inexactes de sa pensée par un de ses disciples.

En recherchant la nature des fonctions de l’humanité, nous avons considéré celle-ci comme un être doué d’une vie particulière et distincte, ce qui suppose entre les diverses parties constituantes de cet être des relations et une centralisation analogues à celles qui expliquent l’unité de la vie dans les corps organisés. Il s’en faut pourtant de beaucoup que l’humanité soit parvenue à une combinaison de ses éléments telle qu’on puisse la regarder comme animée, dans toutes les races, dans tous les peuples qui la composent, d’un même principe vital qui ne formerait de tous les hommes qu’une seule grande unité dont nous avons essayé de déterminer les fonctions. Si nous jetons un regard sur la terre, nous verrons qu’il n’existe point encore, à proprement parler, d’humanité. Le globe est habité par des peuples entre lesquels ne sont point établis ces rapports qui feraient participer chacun d’eux à la vie générale et constitueraient l’unité du genre humain. Nous sommes à une époque où les diverses individualités nationales se considèrent encore comme ennemies, et prennent les unes vis-à-vis des autres une foule de pré-