Page:Contes de l Ille et Vilaine.djvu/141

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Judhaël, étonné de ces paroles, s’approcha du berger et lui demanda ce qu’il disait ainsi :

— Je n’en sais rien, répondit l’enfant ; j’ai trouvé cet os, et, en soufflant dedans, je fais sortir les paroles que vous venez d’entendre.

— Où l’as-tu trouvé ?

— Ici, au pied de ce chêne, et il désigna un petit monticule de terre qui ressemblait à une tombe.

Le roi ayant fait enlever par ses hommes les mottes de gazon, ne tarda pas à découvrir le cadavre de son fils bien-aimé. Une exclamation de surprise, et en même temps d’admiration, s’échappa de toutes les bouches lorsqu’on vit le corps, après cinq ans, complètement intact et presque aussi frais que s’il venait d’être enterré. Un bras encore meurtri avait été brisé par les coups, un os, en étant sorti, avait sans doute percé la terre, et c’était cet os qui était entre les mains du pâtre.

Le père prit son enfant dans ses bras, le pressa sur son sein, et envoya immédiatement chercher saint Méen.

L’ermite, en présence de ce miracle, se jeta la face contre terre, pria Dieu avec fer-