Page:Contes de l Ille et Vilaine.djvu/147

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se sauva et laissa les deux hommes seuls, qui comprirent qu’ils n’avaient plus qu’à s’en aller.

De retour chez lui, Gefflot raconta à sa mère ce qui leur était arrivé.

— Le couturier et toi vous êtes aussi bêtes l’un que l’autre. Je parlerai à Perrine et lui ferai comprendre qu’on t’a desservi près d’elle.

En effet, la bonne femme rencontra, le dimanche suivant, la fille au bourg de Saint-Erblon, et lui offrit un micamot[1] dans un cabaret. Elle lui affirma que son Jean n’avait ren aux jambes, qu’il était sain comme un petit gardon, et qu’elle pourrait s’en assurer de ses propres yeux.

— Va à Teslé, dit la mère à son gars, et cette fois, tâche de bien t’y prendre. Si tu veux savoir si Perrine t’aime, jette-lui des petits brochons de bois à la figure, et si elle te les renvoie, c’est qu’elle est bien disposée pour toi.

L’innocent, comme on l’appelait à Saint-Erblon, arracha tout le long du chemin, les

  1. Café.