Page:Contes de l Ille et Vilaine.djvu/149

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plus tard on n’aura point de reproches à te faire.

Jean retourna chez la fille et lui proposa une promenade dans les champs. Elle accepta.

Quand l’innocent apercevait une grande prairie ou un champ de blé, il s’écriait en se frappant sur le genoux : « Cette pièce-là est à ma. »

En le voyant si riche, la jeune fille qui, comme nous l’avons dit, était avare, consentit à l’épouser.

Le lendemain de la noce, la nouvelle mariée dit à son époux : « Allons voir nos terres. »

— Quelles terres ? répondit Gefflot.

— Les beaux champs que tu m’as fait voir en disant : « Cette pièce là est à ma. »

— Je ne parlais pas de la terre, mais bien des pièces cousues aux genoux de mon pantalon.

La jeune femme se mit à pleurer en pensant qu’elle avait épousé un idiot pauvre, lorsqu’elle avait cru être la femme d’un riche imbécile.

(Conté par Juhel, aubergiste
à la Mine de Pont-Péan près Rennes).