Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/17

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Comme ses enfants étaient en pension, le capitaine Willoughby, résolut de ne pas les emmener immédiatement à la Hutte sur la colline. Ce fut le nom que la propriété retint d’après la position du premier bivouac. Ce nom lui avait été donné par le sergent Joyce, et comme il fut confirmé par la condescendance du propriétaire et de sa famille, nous l’avons conservé dans notre récit. De temps en temps un messager apportait des nouvelles de la colonie, et deux fois dans le cours de l’hiver le même individu y remportait des provisions et des paroles d’encouragement. Cependant aux approches du printemps, le capitaine fit ses préparatifs pour une nouvelle campagne, dans laquelle sa femme devait le suivre. Madame Willoughby, douce et affectueuse Américaine de New-York, ne voulait pas laisser son mari passer un autre été dans cette solitude sans le consoler de sa présence.

Au mois de mars, avant la fonte des neiges, plusieurs traîneaux chargés d’articles nécessaires, remontèrent la vallée de la Mohawk jusqu’à l’endroit où se voit actuellement le village de Fortplain. De là on transporta les différents articles, soit à dos d’hommes, soit avec des chevaux de charge, jusqu’au lac Otsego que l’on ne confondit pas cette fois avec la Canaideraga. Ces laborieux transports occupèrent un espace de six semaines, pendant lesquelles le capitaine alla lui-même jusqu’au lac, et revint à Albany avant que la neige eût disparu.


CHAPITRE II.


Toutes choses sont renouvelées, les bourgeons, les feuilles qui dorent la cime mouvante de l’orme, et même les nids au bord des toits… Il n’y a plus d’oiseaux dans le nid de l’an passé.
Longfellow


J’ai de bonnes nouvelles à vous annoncer, Wilhelmina, s’écria le capitaine d’un air joyeux en entrant dans le parloir où sa femme avait l’habitude de passer la moitié du jour à coudre et à tricoter. Voici une lettre de mon bon vieux colonel. L’affaire de Robert est arrangée et conclue ; il quittera sa pension la semaine prochaine pour endosser la livrée de Sa Majesté.