Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/6

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s’étend au sud aussi loin, plus loin même que les frontières de la Pensylvanie, et à l’ouest jusqu’aux bords de cette vaste plaine qui forme les régions occidentales de l’État de New-York. La surface de ce pays est de plus de dix mille milles carrés et embrasse aujourd’hui dix comtés au moins qui contiennent une population rurale de près de cinq cent mille âmes, sans compter les habitants des cités riveraines.

Tous ceux qui ont vu cette contrée et qui sont familiers avec les paysages plutôt riants que grandioses, sont d’accord pour en admirer les beautés riantes et pour apprécier les perfectionnements dont ils sont susceptibles. On y désirerait, comme pour toutes choses de ce genre en Amérique, plus de fini, plus d’accentuation peut-être pourrions-nous ajouter que l’absence de pittoresque dans tous les ouvrages faits de main d’homme est un défaut général. Cependant cette région particulière dont nous parlons et toutes celles qui lui ressemblent, car elles abondent sur la vaste surface des vingt-six États, a des beautés qui lui sont propres, et qu’il serait difficile de rencontrer sur aucun des territoires du vieux monde.

Ceux qui nous ont fait l’honneur de lire nos œuvres antérieures, comprendront tout d’abord que la contrée à laquelle nous faisons allusion, a déjà été l’objet de plusieurs de nos descriptions. Si nous y retournons maintenant, c’est moins avec le désir d’en vanter les charmes, que pour la présenter sous un aspect nouveau, mais tout à fait historique. Nos écrits précédents ont dû apprendre au lecteur qu’avant la révolution américaine, toute cette étendue de pays était un désert, à part quelques établissements formés sur les deux grandes rivières. Il y avait cependant à cette règle générale quelques autres exceptions qu’il est bon de signaler, de peur qu’en prenant nos assertions trop à la lettre, le lecteur ne puisse nous accuser de contradiction. Afin d’être bien compris nous allons donner quelques explications assez étendues.

Le pays montagneux qui comprend aujourd’hui les comtés de Schoharie, Otsego, Chenango, Broome, Delaware, etc., était, il est vrai, un désert en 1775 ; mais les gouverneurs coloniaux avaient commencé à faire des concessions de terrains une vingtaine d’années auparavant. L’acte constitutif de la propriété qui fait l’objet de ce récit est sous nos yeux ; il porte la date de 1769, et la concession indienne qui y est annexée est d’un ou deux ans