Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/112

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ment, et elle est taxée moitié plus qu’aucune autre ferme sur son domaine.

— Mais c’être pas chuste.

— Juste qui s’occupe de cela ? Qui pense à faire quelque chose de juste en fait d’impôts ? J’ai entendu moi-même des vérificateurs dire : Un tel homme est riche, il a le moyen de payer ; et tel homme est pauvre, il ne faut pas être exigeant. Oh ! ils ont toujours des arguments en faveur de l’injustice.

— Mais la loi ; les riches poufoir assurément infoquer la loi.

— Comment cela, je vous prie ? Les jurés sont tout, et les jurés ne suivent que leur propre sentiment, comme les autres hommes. J’ai vu les choses de mes propres yeux. Le comté paie juste assez pour engager les hommes pauvres à rechercher les fonctions de jurés, et ils ne manquent jamais de se présenter, tandis que, ceux qui sont assez riches pour payer l’amende s’abstiennent toujours, et laissent la loi à la disposition d’un seul parti. Il n’y a pas d’homme riche qui gagne une cause, à moins que son droit ne soit tellement évident, qu’il n’y a pas moyen de le violer.

— J’avais déjà entendu dire cela ; dans tout le pays on se plaint des abus qui tiennent au système du jury. J’ai entendu des avocats intelligents avouer que toutes les fois qu’il se présente une cause de quelque intérêt, on se demande, non pas de quel côté est le droit, mais quels sont les jurés, plaçant ainsi la composition du jury avant la loi ou l’évidence. Il y a des systèmes qui paraissent admirables sur le papier et en théorie, et qui sont détestables en pratique. Quant au jury, c’est une excellente institution pour combattre les abus du pouvoir dans des gouvernements étroits ; mais dans des gouvernements qui reposent sur de larges bases, il a l’inconvénient de placer le contrôle de la loi dans les mains de ceux qui sont le plus disposés à en abuser ; puisque au lieu de combattre et d’amoindrir l’autorité de l’État, de qui procède, dans un gouvernement populaire le plus grand nombre d’abus, il ne fait qu’y ajouter et la fortifier.

Quant à mon oncle Ro, il était disposé à poursuivre la conversation avec Miller, qui se montrait un homme sage et consciencieux. Après une courte pause, comme pour réfléchir sur ce qui avait été dit, il reprit :

— Qu’est-ce donc qui fait les arisdogrates dans ce bays ?

— Ah ! c’est difficile à dire. J’entends dire beaucoup de choses