Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/350

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nacer d’allumer un feu de conseil et de fumer autour, comme des guerriers et des chefs.

« Frères, les choses ne pouvaient durer ainsi une lune de plus. Ouithwith devait aller dans le wigwam de Poule-d’Eau ou dans le wigwam de Susquesus. Les squaws dirent qu’elle irait dans le wigwam de Susquesus, et elles se réunirent et la conduisirent à la porte de l’Onondago. Comme elle allait le long du sentier, Ouithwith baissait ses yeux vers ses pieds, mais son cœur bondissait comme le jeune faon lorsqu’il joue aux rayons du soleil. Cependant elle ne franchit pas la porte. Poule-d’Eau était là, et le lui défendit. Il était venu seul ; ses amis étaient en petit nombre, tandis que les têtes et les bras des amis de Susquesus étaient nombreux comme les baies des buissons.

« Mes frères, l’ordre de Poule-d’Eau fut comme une muraille de rocher devant la porte du wigwam de Sans-Traces. Ouithwith ne pouvait entrer. Les yeux de Susquesus disaient non, quand son cœur disait oui. Il offrit à Poule-d’Eau son fusil, sa poudre, toutes ses peaux, son wigwam ; mais Poule-d’Eau voulait avoir la prisonnière, et répondit non. — Prenez ma chevelure, dit-il, vous êtes fort et pouvez le faire mais ne prenez pas ma prisonnière.

« Mes frères ! Susquesus alors se leva au milieu de la tribu, et ouvrit son cœur. — Poule-D’eau a raison, dit-il. Elle est à lui par la loi ; et ce que dit la loi de l’homme rouge, l’homme rouge doit le faire. Quand le guerrier va subir la torture, et qu’il demande quelque temps pour retourner chez lui voir ses amis, ne revient-il pas au jour et à l’heure convenus ? Et moi, Susquesus, le premier chef des Onondagoes, serai-je au-dessus de la loi ? Non ; si cela arrivait, ma face serait à jamais cachée dans les buissons. Cela ne doit pas être ; cela ne sera pas. Prends-la, Poule-D’eau ; elle est à toi. Traite-la bien ; car elle est tendre comme la fauvette, quand elle quitte son nid pour la première fois. Il faut que je me retire pour un temps dans les bois. Quand mon esprit sera en paix, Susquesus reviendra.

« Frères, pendant que Susquesus prenait son fusil, sa poudre, ses meilleurs mocassins et son tomahawk, le silence qui régnait dans la tribu était semblable à celui qui règne dans l’obscurité. Les hommes le virent partir, mais aucun n’osa le suivre. Il ne laissa derrière lui aucune piste, et fut appelé Sans-Traces. Son esprit ne fut jamais en paix, car il ne revint jamais. L’été et l’hiver