Page:Coppée - Contes tout simples, 1920.djvu/27

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méchant lit de bois rouge, où ne restait plus que la paillasse, l’enfant dormait dans un berceau d’osier.

« Eh ! mère Mathieu, qu’est-ce que Vous faites donc là ?

― Vous le voyez bien, monsieur Vignol, répondit la vieille toute pleurnichante. Je vas porter ça au Mont-de-Piété, et il faut que je me dépêche ; car le bureau ferme à huit heures... On me donnera toujours bien dix francs... C’est de la bonne laine, allez...

― Comment ! Votre seul matelas

― Il faut bien... Figurez-vous que ma sœur cadette, veuve comme moi, celle qui reste aux Lilas, et qui fait des ménages, vient encore de s’aliter, et qu’on ne veut pas d’elle à l’hôpital, rapport à ce qu’elle a une maladie chronique... Alors, je dois l’aider un peu. Elle a été si bonne pour moi... je coucherai quelques jours sur la paille. On n’en meurt pas... Car j’espère bien dégager mon matelas, quand je toucherai