Page:Coquelin et Guillaumin - Dictionnaire de l’économie politique, 1.djvu/679

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votés par les conseils généraux des départements.

Il est hors de doute qm’ l’ehselgnemeni de cette école peut être fort utile s’il est bien dirige Mais il faut regretter qu’il y manque un cours d’éctt- nomie politique, qui nous parait devoir en être le complément nécessaire; et cette lacune est d’au- tant plus lâcheuse, qu’on ne la remarqué ni dans l’École de commerce, ni dans l’École ou Collège Chaptal, dont nous allons parler.

École ou collège Chaptal. En fondant cet éta- blissement , la ville de Paris a eu pour but , fcomme elle l’annonce elle-même dans les pros- pectus de l’école, de créer un enseignement spé- cial pour les jeunes gens qui se destinent à l’in- dustrie, à l’agriculture, au commerce et aux arts. En ce sens, c’est une Institution à peu près sem- blable à celles que nous venons de mentionner. Elle en diffère cependant en ce que l’enseigne- ment y est moins spécial, que le programme des études y est plus large et plus varié. Les en- fants entrent communément plus jeunes dans l’école Chaptal que dans les deux autres institu- tions, et y restent aussi plus longtemps. Le pro- gramme des études n’y embrasse pas moins de six années, qui peuvent même s’étendre encore, grâce à l’établissement d’un cours préparatoire destiné aux élèves qui ne seraient pas de force à suivre lès cours de la première année. En outre, l’instruction y est tellement variée , qu’elle con- duit presqu’à toutes les professions connues. C’est ainsi , par exemple , que , bien que l’école semble avoir plus particulièrement en vue l’in- dustrie, l’agriculture, le commerce et les arts, elle prévoit le cas où les élèves se proposeraient d’entrer, à la fin de la quatrième année à l’école centrale des arts et manufactures, à la fin de la cinquième aux écoles Saint-Cyr et de la marine, à la fin de la sixième à l’école Polytechnique, et que les études y sont dirigées en conséquence. C’est donc bien moins , en somme , une école spéciale qu’une école d’enseignement secondaire, mais d’un enseignement secondaire plus large et plus complet que celui de l’université.

Ce qu’il faut louer surtout dans l’école Chap- tal , c’est qu’elle a organisé ses études de telle sorte, qu’à quelque point qu’on les délaisse, dans quelque année qu’on s’en retire, on peut utiliser ce qu’on y a appris, o L’enseignement, dit le pro- gramme, a été distribué de manière que l’élève, quelle que soit l’année après laquelle il viendra à terminer ses études, emporte toujours un fruit utile de son travail et un ensemble de connais- sances. » C’est malheureusement ce qui ne se trouve pas dans les collèges de l’université, où, quel que puisse être le mérite des études, et nous ne le discutons pas en ce moment , on ne peut tirer parti de ces études qu’autant qu’on les a poursuivies jusqu’au bout.

Autres écoles professionnelles. Quand on sort des établissements spéciaux que nous venons de désigner, pour trouver d’autres écoles où s’en- seignent les connaissances nécessaires dans l’in- dustrie ou le commerce, il faut se porter tout de suite jusqu’aux Écoles d’arts et métiers de Cbàlons-sur-Marne , d’Aix et d’Angers, et aux Écoles régionales d’agriculture ; en dehors des- quelles on trouve pourtant encore, outre l’Institut agronomique, de Versailles, fondé tout ré- cemment, V École des matlres-ouvricrs mineurs d’Alais et V École des mineurs de Saint -Etienne. Malheureusement toutes ces institutions affichent trop, selon nous, la prétention de former les jeunes gêna à la pratique d’un certain art déterminé, ce qui nous parait bien difficile, pour ne pas dire Im- possible. La véritable pratique d’une profession donnée ne s’acquiert que dans l’exercice de cette profession même. Que dans les écoles on enseigne les notions générales applicables dans toutes les branches ou de l’industrie ou du commerce, on le comprend ; cela se peut et cela se doit. Mais qu’on prétende y former de toutes pièces, ou des agri - eu Heurs, comme dans les écoles régionales d’a- griculture, ou des ajusteurs, des fondeurs, des fabricants d’instruments de musique, comme à Chàlons-sur-Marne, ou des mineurs, comme à Saint-Étienne, nous croyons qu’on s’abuse, et qu’on n’y formera jamais, au lieu de bons et so- lides praticiens, que des théoriciens prétentieux, d’autant plus inhabiles à se former plus tard à une pratique sérieuse, qu’ils se croiront plus forts dans celle qu’ils auront précédemment acquise. Ch. C.

ÉCONOMIE POLITIQUE. I. Réflexions préliminaires. Dans un Dictionnaire tel que celui-ci, il semble que l’article Économie politique doive former le point central ou culminant de tout l’ouvrage. Il en serait ainsi peut-être si nous voulions rassembler sous ce mot les considérations de divers genres qui recommandent l’étude de la science économique à tous ceux qu’elle intéresse, et faire ressortir les nombreux avantages qu’on en peut recueillir. Il en serait de même encore si, à propos du mot Économie politique, nous voulions toucher a tous les sujets que la science embrasse, soit pour en relever l’importance, soit pour en montrer la liaison.

Mais les considérations de ce genre trouveront mieux leur place dans une introduction, placée en tète de cet ouvrage, et écrite seulement lorsque, la publication étant parvenue à son terme, l’œuvre apparaîtra tout entière, avec son magnifique ensemble, aussi bien qu’avec la richesse et la variété de ses détails. La tâche que nous nous proposons ici, quoique bien importante encore, est plus modeste. Nous voulons essayer de définir l’économie politique, de lui donner un point de départ et une formule, d’en déterminer le caractère et l’objet, et d’en marquer autant qu’il est possible l’étendue et les limites.

On se tromperait toutefois sur la nature d’un tel travail, si l’on croyait qu’il pût s’exécuter en quelques lignes. Il n’est pas aussi facile qu’on serait tenté de le croire d’abord de donner de l’économie politique une définition exacte, ou du moins une définition satisfaisante et à laquelle tous les adeptes de la science puissent se rallier. Bien des auteurs l’ont tenté, à commencer par Adam Smith, et aucun ne paraît y avoir réussi. Quel que puisse être, en effet, le mérite de certaines définitions précédemment données, il est constant que pas une jusqu’à présent n’a été acceptée sans conteste. Il est même arrivé plusieurs fois, et ceci paraîtra plus grave, que ceux qui les avaient fournies ont pris soin de les démentir ou de les rectifier eux-mêmes dans toute la suite de leurs ou-