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Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 1.djvu/363

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ACTE V, SCÈNE III.

Sinon qu’un jour le ciel le fera ressentir
De tant de cruautés le juste repentir.

CLORIS.

1595Adieu : Mélite et moi nous aurons de quoi rire[1]
De tous les beaux discours que tu me viens de dire.
Que lui veux-tu mander ?

PHILANDRE.

Que lui veux-tu mander ?Va, dis-lui de ma part
Qu’elle, ton frère et toi, reconnoîtrez trop tard
Ce que c’est que d’aigrir un homme de ma sorte[2].

CLORIS.

1600Ne crois pas la chaleur du courroux qui t’emporte :
Tu nous ferois trembler plus d’un quart d’heure ou deux.

PHILANDRE.

Tu railles, mais bientôt nous verrons d’autres jeux :
Je sais trop comme on venge une flamme outragée.

CLORIS.

Le sais-tu mieux que moi, qui suis déjà vengée ?
Par où t’y prendras-tu ? de quel air ?

PHILANDRE.

1605Par où t’y prendras-tu ? de quel air ?Il suffit :
Je sais comme on se venge.

CLORIS.

Je sais comme on se venge.Et moi comme on s’en rit.

  1. Var. Adieu : Mélite et moi nous avons de quoi rire. (1644-64)
  2. Var. Ce que c’est que d’aigrir un homme de courage.
    clor. Sois sûr de ton côté que ta fougue et ta rage,
    Et tout ce que jamais nous entendrons de toi,
    Fournira de risée, elle, mon frère et moi (a). (1633-57)
    (a). C’est la fin de la scène iii dans les éditions indiquées.