Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
208
HÉRACLIUS.
Scène II.
PHOCAS, HÉRACLIUS[1], EXUPÈRE, EUDOXE, troupe de Gardes.
PHOCAS, montrant Eudoxe à ses gardes.
Qu’on la tienne en lieu sûr en attendant sa mère[2].
HÉRACLIUS.
A-t-elle quelque part… ?
PHOCAS.
Nous verrons à loisir ;
Il est bon cependant de la faire saisir.
EUDOXE., s’en allant.
Seigneur, ne croyez rien de ce qu’il vous va dire.
PHOCAS, à Eudoxe.
Je croirai ce qu’il faut pour le bien de l’empire[3].
À Héraclius.
Ses pleurs pour ce coupable imploraient ta pitié ?
HÉRACLIUS.
Seigneur…
PHOCAS.
Je sais pour lui quelle est ton amitié ;
Mais je veux que toi-même, ayant bien vu son crime,
Tiennes ton zèle injuste, et sa mort légitime.
Qu’on[4] le fasse venir. Pour en tirer l’aveu
Il ne sera besoin ni du fer ni du feu :
Loin de s’en repentir, l’orgueilleux en fait gloire.
Mais que me diras-tu qu’il ne me faut pas croire ?
Eudoxe m’en conjure, et l’avis me surprend.
Aurois-tu découvert quelque crime plus grand ?
- ↑ Var. héraclius, cru Martian. (1647-60) — Ces éditions ont la même variante partout ou le nom d’héraclius revient dans cette scène.
- ↑ Var. Qu’on la mène en prison, en attendant sa mère. (1647-56)
- ↑ Voltaire coupe cette scène en deux et commence après ce vers la scène iii.
- ↑ Voltaire (1764) fait précéder le vers 1209 de cette indication : aux Gardes.