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Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 5.djvu/222

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HÉRACLIUS.

Scène II.

PHOCAS, HÉRACLIUS[1], EXUPÈRE, EUDOXE, troupe de Gardes.
PHOCAS, montrant Eudoxe à ses gardes.

1200Qu’on la tienne en lieu sûr en attendant sa mère[2].

HÉRACLIUS.

A-t-elle quelque part… ?

PHOCAS.

A-t-elle quelque part… ?Nous verrons à loisir ;
Il est bon cependant de la faire saisir.

EUDOXE., s’en allant.

Seigneur, ne croyez rien de ce qu’il vous va dire.

PHOCAS, à Eudoxe.

Je croirai ce qu’il faut pour le bien de l’empire[3].

À Héraclius.

1205Ses pleurs pour ce coupable imploraient ta pitié ?

HÉRACLIUS.

Seigneur…

PHOCAS.

Seigneur…Je sais pour lui quelle est ton amitié ;
Mais je veux que toi-même, ayant bien vu son crime,
Tiennes ton zèle injuste, et sa mort légitime.
Qu’on[4] le fasse venir. Pour en tirer l’aveu
1210Il ne sera besoin ni du fer ni du feu :
Loin de s’en repentir, l’orgueilleux en fait gloire.
Mais que me diras-tu qu’il ne me faut pas croire ?
Eudoxe m’en conjure, et l’avis me surprend.
Aurois-tu découvert quelque crime plus grand ?

  1. Var. héraclius, cru Martian. (1647-60) — Ces éditions ont la même variante partout ou le nom d’héraclius revient dans cette scène.
  2. Var. Qu’on la mène en prison, en attendant sa mère. (1647-56)
  3. Voltaire coupe cette scène en deux et commence après ce vers la scène iii.
  4. Voltaire (1764) fait précéder le vers 1209 de cette indication : aux Gardes.