Page:Corneille - Le Cid, Searles, 1912.djvu/46

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Don Diègue

En être refusé n’en est pas un bon signe.


Le Comte

Vous l’avez eu par brigue, étant vieux courtisan.


Don Diègue

L’éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan.


Le Comte

Parlons-en mieux, le roi fait honneur à votre âge.


Don Diègue

Le roi, quand il en fait, le mesure au courage.


Le Comte

Et par là cet honneur n’était dû qu’à mon bras.


Don Diègue

Qui n’a pu l’obtenir ne le méritait pas.


Le Comte

Ne le méritait pas ! Moi ?


Don Diègue

Ne le méritait pas ! Moi ? Vous.


Le Comte

Ne le méritait pas ! Moi ? Vous. Ton impudence,

Téméraire vieillard, aura sa récompense.
(Il lui donne un soufflet.)



Don Diègue

Achève, et prends ma vie après un tel affront,
Le premier dont ma race ait vu rougir le front.