Page:Corneille Théâtre Hémon tome3.djvu/238

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Cliton

J’entends, vous n’êtes pas un homme de débauche,
Et tenez celles-là trop indignes de vous,
Que le son d’un écu rend traitables à tous.
Aussi, que vous cherchiez de ces sages coquettes
Où peuvent tous venants débiter leurs fleurettes
Mais qui ne font l’amour que de babil et d’yeux,
Vous êtes d’encolure à vouloir un peu mieux.
Loin de passer son temps, chacun le perd chez elles,
Et le jeu, comme on dit, n’en vaut pas les chandelles.
Mais ce serait pour vous un bonheur sans égal
Que ces femmes de bien qui se gouvernent mal,
Et de qui la vertu, quand on leur fait service,
N’est pas incompatible avec un peu de vice.
Vous en verrez ici de toutes les façons.
Ne me demandez point cependant des leçons ;
Ou je me connais mal à voir votre visage,
Ou vous n’en êtes pas à votre apprentissage ;
Vos lois ne réglaient pas si bien tous vos desseins
Que vous eussiez toujours un portefeuille aux mains.


Dorante

À ne rien déguiser, Cliton, je te confesse,
Qu’à Poitiers j’ai vécu comme vit la jeunesse :
J’étais en ces lieux-là de beaucoup de métiers.
Mais Paris, après tout, est bien loin de Poitiers.
Le climat différent veut une autre méthode ;