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CHAPITRE VI

LES JEUNES FILLES DE LA PENSION

« Quand j’arrivai à Montréal, je me rendis immédiatement à l’adresse que Jean m’avait donnée. C’était dans une grande maison en pierre à l’angle des rues des Allemands et Dorchester. C’était alors un quartier paisible et honnête de la ville. Jean me reçut avec une tendre effusion comme un ami chéri qu’on n’a pas vu depuis de longues années. Il me présenta la maîtresse de pension, femme très affable et très sympathique. Nous montâmes à la chambre que je devais occuper pendant les quatre années de ma cléricature. Nous avions, Jean et moi, les deux plus belles et plus spacieuses chambres du premier étage. Elles étaient meublées avec goût. Quelque fée, aux doigts roses, y avait logé ou au moins venait souvent s’y parfumer car il s’en exhalait une odeur suave, celle qu’on respire avec délices au passage de la femme tendrement aimée ; et la fée devait y oublier souvent distraitement ou volontairement les fleurs de ses cheveux ou de son corsage et les rubans de couleur tendre de ses toilettes transparentes, car des fleurs remplissaient à profusion les petites jardinières sur la console, et de multiples boucles de rubans chatoyaient sur les