Page:Cotret - Les voies de l'Amour, 1931.djvu/207

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CHAPITRE X

CONFESSION

« C’était un dimanche après-midi que cette scène s’était passée. Après avoir mis mes lettres à la poste, j’avais fait quelques visites à mes malades, et j’étais revenu un peu tard à mon bureau où, en véritable pénitent qui prépare une confession générale, je méditais et je repassais ma vie depuis ma sortie du collège. J’étais triste aux souvenirs de tous mes méfaits et de ma conduite scandaleuse. Je pensais aux choses tristes et pénibles que ma mère m’avait si souvent reprochées dans ses lettres, aux choses déplorables que j’avais vues et je me confirmais dans la ferme résolution de réparer tout le mal que j’avais causé s’il n’était pas trop tard, et, dans ce dernier cas, de consacrer toute ma vie au souvenir de celle qui m’avait toujours tant aimé et que j’avais peut-être conduite aux portes du tombeau. Tout à coup j’entendis quelqu’un monter d’un pas lent et incertain les quelques degrés de ma galerie et la clochette vibrer nerveusement aux efforts d’une main tremblante. J’allais ouvrir à un mendiant déguenillé qui enleva son chapeau tout troué. Je le priai d’entrer comme s’il eût été un patient riche, car je voyais déjà en lui le premier malheureux que Dieu