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CHAPITRE XII

LE RETOUR À LA SANTÉ ET AU BONHEUR

« Cette année-là, le mois de mai avait été exceptionnellement beau et doux. On eût dit que la nature elle-même aimait Andrée autant que nous l’aimions. Elle nous prêtait son concours efficace dans tous nos efforts pour le rétablissement de notre petite fleur. Souvent Andrée s’éveillait de très bonne heure, et, encore dans son lit, elle s’amusait à contempler le réveil de la nature et le lever du soleil dont les rayons pénétraient par les interstices que laissaient entre elles les deux lourdes draperies suspendues à la croisée. Enfermée dans le grand appareil photographique qu’était sa chambre assombrie, elle admirait sur les murs et le plafond les jeux de la lumière, le miroitement des eaux du fleuve, le vol des oiseaux, l’agitation des branches et le tremblement des feuilles du gros érable au bord de la rive. Quand le soleil était plus haut, qu’il avait bu toute la buée qui s’élevait au-dessus de l’onde et des champs et qu’il avait réchauffé l’air, Andrée se levait, écartait les tentures de sa fenêtre et respirait à pleins poumons l’air parfumé que la brise matinale lui apportait du jardin déjà fleuri. Elle sentait la vie nouvelle qu’un sang plus riche en oxygène