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Bien souvent aussi il s’opère inconsciemment, sans que l’idée ait été réapprofondie, réenvisagée de façon suivie. C’est donc un travail, pour ainsi dire, de réflexion mécanique. Il s’agit d’un germe déposé en terrain favorable et qui a fructifié avec la souveraine lenteur que suppose cette mystérieuse opération : le cerveau, sans s’en rendre compte, a nourri l’idée.

Le langage populaire se sert pour désigner ce phénomène d’un terme très expressif : l’idée a pris corps. C’est bien cela. Mais en réalité ce n’est pas l’idée qui a changé, c’est celui qui l’adopte. Il aperçoit désormais son corps, son relief : il n’en voyait jusqu’alors que l’image plate. Et tant que de l’idée on n’aperçoit que l’image et non le corps, elle ne peut devenir une « idée-force ».

Des exemples nombreux peuvent être pris en éducation physique. La culture musculaire en Allemagne avec Jahn et ses disciples, en Angleterre avec Arnold, en Suède, aux États-Unis, a passé exactement par les phases que