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l’europe à la fin du xve siècle

néant de ces aventures continentales, il renonça à poursuivre celle-là. Dès lors les gouvernements cessèrent de se combattre systématiquement mais les peuples entretinrent en leurs âmes des méfiances irraisonnées et une haine instinctive.


L’EUROPE À LA FIN DU xve SIÈCLE

À l’heure où allaient s’accomplir des événements (diffusion de l’imprimerie et découverte de l’Amérique) propres à modifier de façon profonde les destins de toute l’humanité, l’édifice européen élevé par l’effort celte, germain et slave commençait de revêtir sa figure définitive. La fin du xvme siècle est, à cet égard, un des principaux paliers de l’histoire. Il convient d’y faire halte pour que s’inscrivent dans la mémoire, facilitant la compréhension des transformations ultérieures, les lignes essentielles de l’Europe d’alors.

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Après de fécondes périodes d’activité et d’essaimage, les États scandinaves s’étaient repliés sur eux-mêmes. La Norvège qui avait un moment dominé jusqu’aux îles Hébrides perdait le goût des aventures lointaines. Kristiania n’existait pas encore. Drontheim, prospère et pieuse, lui servait de capitale. Dans la Baltique, le commerce danois n’avait cessé de reculer devant les entreprises allemandes. Longtemps les côtes avaient abrité des repaires de pirates demeurés païens. Vers la fin du xime siècle, l’île de Rügen avait été le centre d’une sanglante réaction païenne débordant sur le Mecklembourg. Le prosélytisme germanique s’en était trouvé renforcé et, derrière lui, l’essor commercial. Les anciens centres de piraterie étaient devenus des villes de plus en plus riches, bientôt unies par le lien hanséatique et faisant sentir leur action sur tout le nord. D’autre part, en Danemark comme en Suède, le gouvernement faiblissait, le pouvoir royal perdant de jour en jour son indépendance vis-à-vis des nobles et du clergé. Les archevêques de Lund (le sud de la Suède appartenait encore au Danemark) et d’Upsal possédaient