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charles-quint, françois ier et henri viii

fut pas dû presque exclusivement. François fut d’ailleurs bien servi par son chancelier, Duprat qui avait dirigé son instruction, homme discret et tout à sa dévotion. Il le fut moins bien par les jeunes seigneurs qui avaient partagé ses jeux et qu’il appela à des postes au-dessus de leurs moyens. L’un d’eux se mua en un traître de marque, le fameux connétable de Bourbon qu’il avait eu l’imprudence d’investir de cette charge supérieure restée vacante depuis 1488 et qu’il commit la maladresse de laisser échapper quand on pouvait encore se saisir de sa personne.

Charles-Quint n’eut point de confident attitré si l’on en excepte, dans les tout premiers temps, ceux qui avaient dirigé son éducation d’orphelin à savoir l’évêque d’Utrecht qui devait devenir pape sous le nom d’Adrien vi et le comte de Croy, gouverneur des Pays-Bas et très porté à tout subordonner à l’intérêt flamand, par conséquent à maintenir la bonne intelligence avec la France et l’Angleterre. Mais l’influence de l’un et de l’autre s’effaça lorsque Charles fut devenu roi d’Espagne et empereur. L’homme qui eût pu lui être le plus utile à son arrivée dans la péninsule ibérique et qu’il écarta injustement était le cardinal Ximénès, l’ancien ministre d’Isabelle, personnage de grande envergure, d’une probité rigide et sans doute peu maniable mais généralement bien inspiré quand il s’agissait d’assurer la grandeur et le progrès de l’Espagne. La solide armée permanente de quarante mille hommes qu’il avait formée lui avait permis de tenir en respect la turbulence de la noblesse. Il avait en outre créé à Alcala une université modèle et en 1509 conduit en Afrique une expédition qui s’était emparé d’Oran en vue de créer là une sorte de marche protectrice contre les retours offensifs de l’islam. Le rapprochement de ces diverses initiatives suffit à faire saisir la valeur de l’homme d’État. Charles en somme lui devait son trône mais l’entourage du jeune roi était enclin naturellement à redouter l’influence du cardinal. Celui-ci, fort âgé du reste, mourut peu après. Charles par la suite utilisa volontiers la bonne volonté et les services des membres de sa famille mais sans laisser aucune direction se substituer à la sienne. Sa tante Marguerite, sœur de son père fut chargée par lui de gouverner les Pays-Bas en son nom lorsqu’il les quitta et, à diverses reprises, il lui confia les négociations à conduire, principalement avec Londres et Paris. Son frère Ferdinand lui servit de régent en Allemagne. Deux de ses sœurs, reines de Portugal et de Hongrie, eurent aussi part intermittente à sa politique. Enfin dans les derniers temps il s’associa plus ou