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le respect des croyances

choquent moins. On s’attend bien à voir quelque intolérance cheminer côte à côte avec une foi tapageuse sinon ardente. De l’homme qui se proclame « libre-penseur », on tend au contraire à exiger une sorte de sérénité indulgente vis-à-vis de la « crédulité » de ceux dont il s’est séparé.

Or cette sérénité existe, et elle est moins rare qu’il n’y paraît. Là où elle existe, elle est infiniment respectable. « Oh ! comme nous savons peu ce qui se passe au fond de l’âme d’un homme dont l’opinion diffère de la nôtre… Ô amour, toi seul sais combien noble, combien pur, combien grand devant Dieu est plus d’un sceptique. » Ainsi parlait un croyant. L’émancipé qui avoue son état d’esprit ne peut être jugé pour celà repréhensible. Sans blâmer celui qui, pour des raisons souvent très défendables, maintient des liens apparents avec les coreligionnaires dont il ne partage plus les espérances, on doit encore moins en vouloir à celui qui a la franchise et le courage de proclamer la rupture de tels liens. Mais c’est d’après l’usage qu’il fera de sa liberté qu’il conviendra de l’apprécier.

Cette liberté est en général, chèrement payée.