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le respect des conditions

usurpations, les fraudes, les parchemins fabriqués, les généalogies retouchées… tout ce qu’une sotte vanité peut inspirer aux gens avides de hausser leur propre médiocrité en la rattachant à un passé imaginaire. Ainsi, en temps de démocratie triomphante, la véritable aristocratie se trouve entourée d’une fausse aristocratie sans que l’opinion sache les bien discerner l’une de l’autre. Or ce qui constitue une aristocratie, ce n’est ni d’avoir exercé certains droits, ni même d’avoir rempli certains devoirs, c’est d’avoir longtemps vécu autour de certaines traditions. Ces traditions sont mêlées. Il en est qui satisfont de nobles instincts et d’autres qui consacrent des protocoles insignifiants ; il en est qui maintiennent d’utiles principes et d’autres qui ne font qu’entretenir de fâcheux préjugés. Mais telles quelles, leur ensemble est d’une belle allure. Il en résulte des façons de penser, d’apprécier, de se tenir, de se conduire qui pénètrent l’aristocrate dès l’enfance le plus naturellement du monde et le différencient de ses concitoyens. Au lieu de se laisser terroriser puérilement par le « fantôme de la réaction », ceux-ci feraient beaucoup mieux, sans avoir à sacrifier pour cela une