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le respect des conventions

tions. Le citoyen isolé s’y risque rarement, assuré de ne pouvoir sortir avec avantage d’une lutte engagée dans ces conditions. Mais on voit parfois des citoyens s’unir en assez grand nombre pour organiser et propager ce refus d’obéissance, soit parce que des intérêts régionaux considérables auraient été lésés soit parce que des consciences se seraient senties blessées par les dispositions d’une loi récente. Ce dernier prétexte prête à abus. Il est facile de l’invoquer mais moins facile de le justifier. Le législateur après tout, s’il a les moyens de tracasser extérieurement, est sans armes pour atteindre le fonds des consciences ; à moins toutefois que, conquérant persécuteur, il n’ait le triste courage comme cela a été souvent le cas en Pologne depuis cent cinquante ans, de violer les principes les plus sacrés du droit naturel.

En somme on peut se risquer à donner cette double règle : que le respect dû aux lois est exigé par l’ordre public, qu’il est la base de tout l’organisme social si bien que quiconque y manque apporte à l’anarchie un renfort, si minuscule soit-il — et que, d’autre part, le respect dû