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mémoires olympiques

était en leur pouvoir de la faire cesser par une déclaration. Munis de cette ressource draconienne, nous évitions autant que possible d’être amenés à y recourir, usant d’abord de tous les procédés de l’opportunisme diplomatique. Souvent, la situation paraissait inextricable, puis à l’approche des Jeux, elle se dénouait grâce au désir qu’avaient les concurrents désignés de n’y point manquer et à la pesée qu’ils exerçaient sur leurs dirigeants pour les amener à céder.

Tout cela explique pourquoi, contrairement à mes vues initiales, le C.I.O. se trouvait obligé de jouer un rôle actif dans la préparation des Jeux au point de vue technique. Pendant toute cette période, qui alla de 1896 à 1914, nous incitions le Comité organisateur à présenter son programme (inspiré par nous-mêmes en 1896 et en 1900, de sa propre initiative en 1904, 1908, 1912), et ce programme nous le discutions ensuite et l’amendions d’un commun accord. On y mettait en général de dix-huit mois à deux ans et il ne faut pas croire qu’on ne tint point de compte de l’opinion des fédérations et des groupements compétents. Ceux-ci, pour l’être indirectement, n’en étaient pas moins dûment consultés et avaient de multiples moyen de faire parvenir leurs avis toujours pris en considération dans la mesure du possible, à condition de s’exprimer « dans le cadre de l’institution » et en dehors de toute préoccupation d’en révolutionner le principe intangible.

Ainsi se prépara en 1909 à Berlin et en 1910 à Luxembourg, jusque dans les plus petits détails, le programme des Jeux de la ve Olympiade. Nous y mîmes la dernière touche à Budapest en 1911. Jamais Olympiade ne fut mise debout avec plus de suite, d’attention et de soins… Pour Lon-