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notes sur l’éducation publique

diat et tangible, que si vous savez le lui rendre attrayant. Or l’attrait ne se commande pas — ne se devine pas : mais en général, il découle de tout ce qui représente le luxe. J’ai assisté une fois à une conférence faite aux ouvriers des Docks de Londres ; sujet choisi par eux : le Dante. Ils écoulaient avec une attention passionnée, qu’ils n’eussent point apportée à entendre parler sur l’art de décharger les bateaux ! Dante était, pour eux, l’image du luxe intellectuel et c’est pourquoi ils tâchaient de pénétrer le sens de sa personnalité et de son talent. Ces tendances sont a encourager, car elles sont nobles ; ceux qui s’en offusquent et s’en gaussent ne sont que de vils obscurantistes. Donc les œuvres post-scolaires doivent être imprégnées d’idéal. Avis aux fondateurs de sociétés, aux organisateurs de conférences, aux collaborateurs d’universités populaires.

Ces collaborateurs, quels seront-ils ? Évidemment, ils ne sauraient former un corps régulier et compact. Ils resteront disparates et il est bon qu’ils le restent. Chez eux, il faudra toujours, à l’origine, quelque apostolisme et, dans un sens, toute éducation n’est-elle pas une manière d’apostolat ? mais celle-ci surtout, parce qu’elle n’est indispensable ni au profes-