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le contact de l′arme

son caractère — de ciseler un aphorisme original ; il proclamait un principe qui, erreur hier, est devenu vérité aujourd’hui. Ne pas confondre en effet avec le fameux Si vis pacem para bellum que les Allemands entendent de nos jours comme les Romains l’entendaient jadis, c’est-à-dire dans le sens de : « Soyez assez puissants pour que tout le monde vous craigne. » Le point de vue de Roosevelt est bien différent : « Sentez assez votre force, veut-il dire, pour que le désir de la paix soit en vous. » Pensée moderne dont le monde appréciera de mieux en mieux la hauteur et la justesse.

Ainsi du petit au grand, de la société de sport à la caserne, de l’individu à la masse, le contact de l’arme s’affirme comme quelque chose de bon et de sain pour la démocratie. Conclusion paradoxale, objecterez-vous. Eh ! mon Dieu, je vous le concède ; mais quand donc l’esprit français consentira-t-il à reconnaître que les sociétés sont le plus souvent bouleversées et conduites aux catastrophes par la logique pure et, qu’au cours de leur voyage cahotique, elles ne se reposent un peu que dans des oasis paradoxales ?