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suggéra un édifice groupant autant que possible tous les sports et composé d’espaces de plein air entourés d’abris facultatifs. Le stade ancien ne parut pas approprié aux besoins modernes. On décida que, pas plus au point de vue artistique qu’au point de vue pratique, les lignes et la forme n’en devaient être données en exemple. Le vrai stade moderne, ce sera la prairie entourée de verdure avec d’élégantes et spacieuses tribunes ornées de fleurs. Autant il est heureux que le stade athénien ait pu être relevé de ses ruines et reconstitué, autant il semblerait regrettable de voir des cités récentes tenter d’en édifier de similaires auxquels manqueraient l’illustration historique et la beauté spéciale d’un paysage unique[1].

En fait d’art dramatique, la conférence a fait observer aux sociétés de gymnastique et de sport que des représentations appropriées, surtout en plein air, seraient un joli accompagnement pour les fêtes musculaires ; elle leur a recommandé de cultiver elles-mêmes l’art dramatique, notamment la comédie sous la forme d’une revue annuelle mettant en scène de façon fantaisiste les principaux faits intéressant les sociétaires — à condition bien entendu de ne pas laisser de tels exercices prendre le pas sur l’exercice physique et détourner la société de sa fonction essentielle.

L’art de la danse a évolué de telle façon que des efforts considérables seront nécessaires pour l’introduire à nouveau parmi les sports. On ne saurait que louer les tentatives qui ont été faites dans ce but mais leur caractère hésitant et fragmentaire ne permet pas encore de chercher à en codifier les résultats. Par contre le cortège n’a pu disparaître des habitudes. Il se forme inconsciemment en maintes circonstances de la vie moderne mais, à moins d’être militaire, il ne présente ni cohésion ni harmonie. Or le cortège athlétique est le plus facile à régler, celui dont l’aspect et la raison d’être s’imposent le plus promptement. Il suffirait en somme, qu’imitant les gymnastes lesquels ont conservé l’habitude de défiler en tenue — escrimeurs, boxeurs, joueurs de balle, cyclistes, apparussent dans leurs vêtements d’exercice, tenant ou conduisant les engins, épées, raquettes, bicyclettes dont ils se servent[2] ; leur maintien serait défini par là-même et il va sans

  1. Le « stadium » de Londres a été improprement dénommé ainsi ; il a la forme elliptique des arènes. Voir dans la Revue Olympique, un article à ce sujet.
  2. Il a été tenu compte partiellement de ce vœu à l’issue des Jeux Olympiques de Londres.