sévérance le commerce français à travers les vicissitudes de notre fortune nationale tant en Europe qu’en Extrême-Orient. Lorsque l’acquisition du Tonkin, l’établissement du protectorat sur l’Annam, la paix avec la Chine, eurent complété et affermi notre empire indo-chinois, dont la Cochinchine avait été la base, le commerce lyonnais était prêt ; il s’intéressa activement aux entreprises coloniales et prit dans les nouveaux débouchés ouverts, à Haïphong, par exemple, ainsi qu’au Yun-nan, la place qui lui revenait de droit. Les derniers événements de l’Asie Orientale, guerre sino-japonaise, intervention de la France, de la Russie, de l’Allemagne après Simonoséki, concession de voies ferrées de pénétration vers Long-tcheou et le Koang-si, vers Yun-nan-tchheng en remontant le fleuve Rouge, régularisation de notre situation au Laos, ont rendu plus intimes les liens qui nous unissent à la Chine et ouvert les marchés méridionaux de cet Empire aux entreprises de nos négociants. Les désordres qui bouleversent aujourd’hui les provinces du nord et la capitale sont-ils de nature à interrompre ces relations ? On ne saurait le croire, car ils sont le fait d’un nombre relativement peu important de rebelles, soulevés par la disette et encadrés par les sociétés secrètes ; ils ont trouvé un appui sérieux près d’un parti animé d’une haine farouche contre l’étranger, poussé aussi par l’ambition ; mais le plus grand nombre des mandarins dirigeants se rend trop bien compte de la faiblesse de la Chine contre les Puissances pour avoir escompté le succès de pareilles violences : au plus quelques-uns d’entre eux auront-ils eu l’idée de nous effrayer et de nous rendre plus maniables, prêts à répudier toute compromission avec les Boxeurs, dès que notre force aurait commencé de se manifester. Quant à un soulèvement national des marchands et des travailleurs contre l’intrus d’outre-mer, il est trop contraire à leurs intérêts privés et corporatifs, à leur indifférence politique, pour qu’on le puisse admettre ; les Boxeurs n’ont trouvé dans le peuple que ces sympathies qui naissent
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