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Page:Courant - Les cours de chinois à Lyon, 1900.pdf/9

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ii


Mais, ainsi qu’on peut le prévoir et qu’on le sait déjà, ainsi que la mission lyonnaise en a fait plus d’une fois la remarque, il ne suffit pas, pour faire des affaires avec les Chinois, de vivre dans leur pays et de se présenter à eux. Les préjugés contre les Européens, contre leurs idées et leurs méthodes, sont tenaces partout en Chine, et surtout dans les régions le plus récemment ouvertes ; si peut-être dans les plus anciens ports les préjugés sont moindres, ils se doublent d’une antipathie profonde, explicable en partie par l’attitude de quelques-uns des étrangers, beaucoup par les excitations des mandarins et des lettrés. Ces sentiments plus ou moins hostiles règnent, bien qu’atténués, même dans la classe commerçante, celle dont l’esprit est le moins fermé et qui n’a qu’à gagner à l’ouverture du pays. Le Chinois ressent toujours une pitié méprisante pour celui qui n’a pas le bonheur d’avoir part à sa civilisation : ses institutions familiales, fortes et respectables, ses associations communales et commerciales, les théories de ses anciens sages qui, à ses yeux, ont assez connu la nature humaine pour que leurs œuvres dûment interprétées contiennent la réponse à tous les problèmes qui se sont posés et se poseront à l’humanité, tout cela forme pour lui un corps de dogmes intangibles, en dehors desquels il ne conçoit que barbarie. À combattre ses idées, l’étranger risque d’accroître le mépris dont il est l’objet ; à les dédaigner ouvertement, il ne réussira qu’à s’attirer une hostilité plus vive. Quelle que soit la valeur de la civilisation chinoise, il faut et il faudra longtemps encore la prendre telle qu’elle est ; si l’on veut faire des transactions avec les indigènes, il faut s’accommoder à leurs coutumes et