Page:Courant - Souvenir de Séoul, Corée.djvu/10

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toujours très achevé. La porcelaine moderne est relativement grossière ; mais on trouve fréquemment des fragments, parfois des vases entiers, dont la fabrication remonte à quatre ou cinq cents ans, et dont la terre est revêtue d’un bel émail gris avec dessins sous couverte. La céramique coréenne présente encore d’autres types moins connus, et dont l’origine est mal établie ; elle a depuis plusieurs siècles ses amateurs fanatiques au Japon : M. Collin de Plancy, chargé d’affaires de France en Corée, dont les collections ornent l’exposition coréenne, par un don fait au musée de Sèvres a permis aux amateurs français de se faire une idée de ces produits céramiques nouveaux pour eux. L’ébénisterie produit des coffrets de bois incrustés de nacre, des meubles en bois divers à ornements de cuivre, des cabinets d’écaille qui, par leur élégance et leur bon goût, ne seraient déplacés dans aucune demeure. Faut-il citer pour l’ameublement ces nattes ornées de caractères ou d’animaux d’un dessin large un peu schématique ; suivant leur nature, elles servent de jalousies devant les fenêtres, de tapis, de divans ou matelas pour une population qui vit accroupie et qui laisse toujours ses chaussures à la porte extérieure de la maison. L’exposition nous présente toute une curieuse collection de chaussures, depuis les sabots montés sur deux planches de dix centimètres de haut, taillés dans un seul bloc et qui, ressemblant aux geta japonaises, servent comme elles pour les temps de pluie, jusqu’aux mignons souliers brodés des femmes de la noblesse (les femmes coréennes, sans aucun artifice, ont le pied fort petit). Nous voyons aussi d’intéressants bijoux, des épingles, des cassolettes en filigrane d’or, des couteaux de luxe à manche et gaine en bois, jade, métal sculpté, ciselé, incrusté, orné de mille manières. Et un peu plus loin, pour compléter l’histoire du costume, des mannequins : l’homme en deuil avec son costume de chanvre écru et son énorme chapeau de paille, en forme de tronc de cône, d’un mètre de diamètre à la hase ; le mandarin en uniforme ordinaire, puis en costume de cour ; le garde royal vêtu de couleurs voyantes avec des plumes de paon au chapeau ; dans une autre vitrine, un costume de commandant en chef, ayant, dit-on, une origine historique, casque, longue cotte d’étoffe vermillon, doublée, ouatée, ornée de métal. Je regrette seulement de ne pas voir une collection complète des chapeaux, elle eût été curieuse, car le peuple coréen a inventé et porte encore quelques-unes des coiffures les moins pratiques et les plus étranges qu’on puisse imaginer. Mais celui qui serait désireux de pousser plus loin cette étude, la pourrait poursuivre dans les collections du Musée Guimet, qui n’est pas très éloigné de l’avenue de Suffren.



III


Un mot maintenant sur les arts en Corée ; regardez, avant d’entrer, le pavillon même, copie d’une de ces salles royales qui sont les appartements d’apparat des