Page:Courier Longus 1825.djvu/44

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de bien, et s’en allèrent avec ses parents et amis, ensevelir le corps du malheureux Dorcon, sur lequel ils jetèrent force terre, plantèrent à l’entour des arbres stériles, y pendirent chacun quelque chose de ce qu’il recueilloit aux champs, versèrent du lait sur sa tombe, y épreignirent des grappes, y brisèrent des flûtes. On ouït ses vaches mugir et bramer piteusement ; on les vit çà et là courir comme bêtes égarées ; ce que ces pâtres et bouviers déclarèrent être le deuil que les pauvres bêtes menoient du trépas de leur maître.

Finies en cette manière les obsèques de Dorcon, Chloé conduisit Daphnis à la caverne des Nymphes où elle le lava, et lors elle-même pour la première fois en présence de Daphnis, lava aussi son beau corps blanc et poli, qui n’avoit que faire de bain pour paroître beau ; puis cueillant ensemble des fleurs que portoit la saison, en firent des couronnes aux images des Nymphes, et contre la roche attachèrent