Page:Courier Longus 1825.djvu/73

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vint débarquer où gardoient leurs bêtes Daphnis et Chloé, courut le pays, ravit et pilla tout ce qu’il y trouva. Daphnis pour lors n’étoit pas avec son troupeau ; il étoit dans le bois à cueillir de la ramée verte pour donner l’hiver aux chevreaux, et voyant du haut des arbres les ennemis dans la plaine, se cacha au creux d’un vieux chêne. Chloé, qui étoit demeurée avec les troupeaux, se cuida sauver de vitesse, et se jeta comme en un asile dans l’antre des Nymphes, poursuivie jusqu’au lieu même, et là, prioit au nom des Nymphes ces soldats de ne vouloir faire déplaisir ni à elle ni à ses bêtes ; mais en vain. Car les gens de Méthymne, après avoir fait plusieurs vilenies et moqueries aux images des Nymphes, l’emmenèrent elle et ses bêtes, en la chassant devant eux à coups de houssine comme une chèvre ou une brebis, et voyant qu’ils avoient déja plein leurs vaisseaux de toute sorte de butin, ne voulurent plus tirer outre, mais