Page:Courier Longus 1825.djvu/78

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veté, de leur sacrifier la plus grasse de ses chèvres ; et courant au pin sous lequel étoit le dieu Pan représenté avec les pieds d’un bouc, deux cornes en la tête, qui d’une main tenoit sa flûte, et de l’autre arrêtoit un bouquin, l’adora aussi, et le pria qu’il lui plût faire promptement revenir Chloé, lui promettant semblablement de lui sacrifier un bouc ; et jusques au soir environ le soleil couchant, à peine cessa-t-il ses larmes et ses vœux pour le retour de Chloé. Enfin ramassant sa feuillée, il s’en retourna au logis, où il ôta de grand émoi Lamon et Myrtale, et les remplit de liesse ; puis mangea un petit et s’en alla dormir ; mais ce ne fut pas sans pleurer ; ni sans faire prière aux Nymphes qu’elles lui apparussent encore, et que le jour revînt bientôt, et avec le jour, selon leur promesse, Chloé. Jamais nuit ne lui fut si longue. Or voici comme il en alla.

Le capitaine de Méthymne ayant navigué à la rame environ cinq quarts de lieue,