Page:Cournot - Essai sur les fondements de nos connaissances.djvu/69

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encore beaucoup du double de l’intervalle des orbites de Saturne et de Jupiter. Pour mieux fixer les idées du lecteur, nous réunirons dans un tableau les valeurs réellement observées, en les rapprochant des valeurs qui satisferaient d’une manière rigoureuse à la loi signalée. Nous choisirons Junon, parmi les planètes télescopiques, pour figurer sur ce tableau, a cause de sa position moyenne dans le groupe ; et il faudra se rappeler que le nombre 1000 représente le rayon de l’orbe terrestre.

Intervalle des orbites Valeurs observées Valeurs théoriques Vénus et la Terre La Terre et Mars Mars et Junon Junon et Jupiter Jupiter et Saturne Saturne et Uranus 277 523 1146 2533 4336 9644 277 554 1108 2216 4432 8864

Cette confrontation manifeste des écarts notables ; mais, d’un autre côté, il faut songer que les orbites des planètes, au lieu d’être des cercles parfaits et concentriques, couchés dans le même plan, sont des ellipses ayant leurs plans inclinés les uns sur les aunes, dont les excentricités et les inclinaisons varient avec le temps, en sorte que les écarts que présente le tableau des valeurs moyennes, ne dépassent pas les limites entre lesquelles oscillent sans cesse les distances physiques du Soleil à chacune des planètes. D’ailleurs il ne s’agit pas de donner a la formule une précision rigoureuse qui exclurait l’intervention de causes perturbatrices et irrégulières, susceptibles d’altérer le résultat principal dû à l’action d’une cause constante. Reste l’anomalie pour la planète Mercure, la plus voisine du Soleil, et dont l’orbite est séparée de celle de Vénus par un intervalle un peu plus grand que celui qui sépare l’orbite de Vénus et l’orbite de la Terre, tandis que le premier intervalle ne devrait être que la moitié du second, d’après la loi signalée. Pour sauver, ou plutôt pour déguiser cette anomalie, on a imaginé de présenter la loi autrement. On exprime par le nombre 4 la distance de Mercure au Soleil, et alors celle