Page:Crépet - Les Poëtes français, t3, 1861.djvu/119

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SONNET


À UN AMI SEXAGÉNAIRE


  Ami, c’est bien assez d’être époux une fois,
Sauve ta liberté, fuis les secondes chaînes ;
Je crois bien que des ans tu ne sens pas le poids,
Que tu peux même encore approcher les Climènes ;

  À ton âge pourtant, lorsque l’on fait un choix,
Les suites de l’hymen sont assez incertaines.
Des conseils suborneurs n’écoute point la voix,
Et, comme un autre Ulysse, évite les sirènes.

  Je sais qu’on te propose un objet enchanté
Qui joint à la naissance une extrême beauté,
En esprit, en vertus, aux anges comparable.

  D’un si rare parti je fais beaucoup d’état ;
Mais j’en sais un pour toi mille fois plus sortable :
C’est, ne l’échappe point, ami, le célibat.




À BOSSUET


NOMMÉ À L’ÉVÊCHÉ DE CONDOM, EN 1669


  Un des fameux souhaits du grand fils de Monique
Fut d’entendre de Paul la foudroyante voix,
Telle qu’on l’entendit retentir autrefois
Dans les temples d’Athène et de Thessalonique.

  Mais ce que ne put voir ce miracle d’Afrique,
Grâces à Bossuet, aujourd’hui je le vois :
La bouche qui ravit le plus grand de nos rois,
Est celle par où Paul à la France s’explique.