Page:Crépet - Les Poëtes français, t3, 1861.djvu/527

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FONTANES


1757 — 1821



La piété filiale a exhumé, en 1839, les restes littéraires de M. de Fontanes, et les a pour jamais réunis en deux volumes qui ont pris la forme d’un petit monument. A cette cérémonie touchante avaient été conviés M. de Chateaubriand, M. Roger l’académicien, et M. SainteBeuve. Tous les trois rendirent alors un hommage suprême à la mémoire de l’ancien grand maître de l’Université impériale. La dernière édition, qui a paru chez M. Hachette, des œuvres de Louis de Fontanes, contient en effet une notice historique de M. Roger, une étude très-complète de M. Sainte-Beuve, et une magnifique lettre de Chateaubriand. La notice seule conserve les illusions littéraires d’un autre temps.

Ni l’auteur de René, ni l’auteur de Volupté ne se trompent sur la valeur poétique de l’auteur de la Chartreuse de Paris et du Jour des Morts. Leurs regrets ont presque la tristesse d’un dernier adieu, que la postérité oublieuse n’entendra peut-être pas.

M. de Chateaubriand se souviendrait à peine du poète, si son cœur n’était prêt à payer la dette de son esprit : a C’est M. de Fontanes, dit-il, qui encouragea mes premiers essais ; c’est lui qui annonça le Génie du christianisme ; c’est sa muse qui, pleine d’un dévouement étonné, dirigea la mienne dans les voies nouvelles où elle s’était précipitée ; il m’apprit à dissimuler la difformité des objets par la manière do les éclairer, à mettre, autant qu’il était en moi, la langue classique dans la bouche de mes personnages romantiques. Il y avait jadis des hommes conservateurs du goût, comme ces dragons qui gardaient les pommes d’or du jardin des Hespérides : ils ne laissaient entrer la jeunesse que quand elle pouvait toucher au fruit sans le gâter. » Puis ce sont des lamenta