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ESCHYLE 389

du bûcher). Trois de ces drames, Lycurgue^ le Sphinx^ Protée, faisaient partie de groupes tétralogiques auxquels ils se rattachaient par le sujet. Le Lycurgue dépendait de la Lycurgie *, et, comme son titre l'indique, se rapportait certainement à un point de la même légende, sans qu'on puisse dire avec certitude auquel. Le Sphinx fut joué on 467 à la suite de la Thébaïde ^ ; il était tiré de la lé- gende d'ÛËdipe, et par conséquent l'événement qu'il met- tait en scène était antérieur à la dispute d'Étéocle et de Polynice, qui formait le sujet de la troisième partie de la trilogie; c'était, dans l'ensemble du groupe tétralogique, un acte indépendant, bien que connexe. Protée servit à clore YOresiie en 438 ^ : on a conjecturé, non sans vrai- semblance, que le sujet de ce drame était l'aventure de Ménélas et de Protée et qu'il avait ainsi un rapport direct avec VOrestie ; ce n'est pourtant qu'une conjecture; si elle est juste, l'événement mis en scène était postérieur à l'ensemble de la trilogie, mais il est évident qu'il n'en formait pas la suite. En somme, ces trois drames satyri- ques sont pour nous les témoins d'une manière de faire, probablement traditionnelle, qui s'explique par ce qui a été dit tout à l'heure. Si l'on considère chacune des té- tralogies dont ils font partie comme une pièce unique, ils ont la valeur d'un divertissement libre, qui serait, pour ainsi dire, non en dehors, mais à côté de l'action et qui la compléterait agréablement sans lui être néces- saire. Mais, concurremment avec cette manière, nous en remarquons chez Eschyle une autre plus nouvelle, qui est représentée par le Prométhée satyriqiie, ^ous savons en effet que cette pièce fut jouée en 472 à la suite d'une trilogie formée de Phinée, des Perses et de Glaucos de Potnies, Cette trilogie^ nous l'avons dit, était visiblement

1. Schol. Arisloph. Fêtes de Démêler, 135.

2. Argument des Sept contre Thèbes.

3. Argument ô*Agamemnon. Cf. Schol. Aristoph. Grenouilles^ 1124.

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