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POÈTES CONTEMPORAINS 575

cessèrent d'accroître le renom très légitime dont il jouis- sait. Les témoins anciens nous rapportent qu'il avait composé quatorze ou dix-sept comédies et qu'il obtint sept fois le premier rang dans les concours K 11 mourut dans l'Hellespont où il fit naufrage, en 411, en prenant part à une expédition militaire ^. D'abord ami d'Aristo- phane, dont il partageait les idées, il semble l'avoir au- torisé à insérer dans ses Chevaliers, en 424, le joli dis- cours des Trières, dont il était l'auteur. Cet emprunt d'Aristophane fut relevé, d'une manière blessante pour lui, par Cratinos dans sa Bouteille en 422 ^ Aristophane soupçonna-t-il Eupolis d'indiscrétion? Nous l'ignorons; toujours est-il qu'ils se brouillèrent. Dans le Maricas, en 421, Eupolis imita les Chevaliers; son personnage prin- cipal ressemblait à l'Agoracrite d'Aristophane *. Celui-ci, dans la seconde édition des Nuées, en profita pour ren- voyer à Eupolis Taccusation de plagiat ^ Dès lors, la rupture fut complète, et l'ancienne amitié se changea en une disposition toute contraire. Dans ses Baptes, Eupolis se vantait d'avoir fait les Chevaliers en collaboration avec « ce chauve » et de les lui avoir abandonnés par pure faveur ^Peu à peu, on en était venu aux injures. Entre les comédies d'Eupolis, quelques-unes méritent

1. Suidas, ECÎTtoXtc- Prolégom. Didot, III.

2. Suidas, EuttoXiç. D'après Suidas, ce fut par suite de cet événe- ment douloureux que les Athéniens exemptèrent les poètes du service. Lie bruit courut que la mort d'Eupolis n'avait pas été accidentelle, mais qu'elle était due à une vengeance d'Alcibiade offensé par la comédie des Baptes ; on fit même de cela une historiette (Prolégom. Didot, I, et surtout IX a) ; Eratosthène l'avait réfutée (Gic. Ad Atlic. 6, 1).

3. Schol. Aristoph. Chevaliers, 1291 et 531.

4. Quintilien, 1, 10, 18 ; Cf. Aristoph. Chevaliers, 188 et Eupolis, fr. 193 Kock.

5. Nuées , 553.

6. Schol. Aristoph. Nuées, 554; Eupolis, fr. 78 Kock. Cf. Kirchhoff, Hertnès, III, 289 et Denis, Comédie grecque, t. I, ch. IV.

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