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POÈTES CONTEMPORAINS 577

les vers si souvent cités sur l'éloquence de Périclës :

<t C'était de tous les hommes le plus puissant par la parole. Lorsqu'il paraissait devant le peuple, il agissait comme les bons coureurs: il donnait dix pas d'avance à tous les ora- teurs, et il les dépassait tous par son éloquence. — Voilà cer- tes un coureur rapide ; mais, de plus, il avait en propre un don de persuader qui résidait sur ses lèvres. Sa parole était une séduction ; et, seul entre les orateurs, il laissait l'aiguil- lon dans Pâme des auditeurs *. »

Dans les Villes^ Eupolis introduisait un chœur com- posé des villes de la confédération athénienne. L'objet de la pièce était sans doute de critiquer la conduite des chefs athéniens envers les alliés. L'intention des Taxiar- ques est plus obscure pour nous. On y voyait Dionysos recevant de Phormion des leçons d'art militaire; c'était, comme on pense, un fort médiocre soldat, auprès du- quel le brave stratège perdait sa peine : on riait fort de voirie dieu malmené et morigéné de la belle façon. Nous ne pouvons que nommer VAge d*or^ dont nous ne sa- vons à peu près rien. En revanche, il faut citer, comme une des pièces les plus hardies d'Eupolis, ses Baptes, re- présentés probablement en 415. L'audacieux poète y flétrissait les sectateurs de la déesse thrace Cotytto, et, parmi eux, Alcibiade : il les représentait comme se li- vrant à de honteuses débauches ^

Cette simple énumératîon nous révèle quelque chose du caractère et du génie d'Eupolis. Les témoignages an- ciens confirment ce que nous pouvons en soupçonner. Se- lon le grammairien Platonios, il était merveilleux dans l'invention de la fable comique; il touchait aux plus grands sujets, et il savait, comme personne, exciter puis-

1. Frag. 94 Kock. Voyez aussi le beau fragment 117 sur les anciens généraux d'Athènes, qu'on respectait « comme des dieux o.

2. Juvénal, II, 91 et la scolie.

Hist. de la Litt. grecqae. — T. III. 87

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