Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t5.djvu/912

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89i CHAP. VII. — L’ORIENT GREG AU IV° SIECLE · tions de leur maitre. Il échappa pourtant avec son frere Gallus, mais demeura toujours plus ou moins suspect a son cousin, l’empereur Constance. Par ses ordres, le jeune prince fut élevé a l’ecart en Cappadoce ; il resta la, de 337 at 3t3, dans une sorte de captivité, sans amis, _ sans compagnons de son age, et loin des écoles ’. ll n’est pas douteux que cette enfance, sombre etinquiete, n’ait aigri pour jamais l’a`tme impressionnable du futur Cesar. Quand cette dure surveillance se relacha, il fut appelé aConstantinople, et la, d’abord, puis a Nicomédie, put enfin fréquenter les écolcs. Bien que confié a des maitres chrétiens et nourri dans le christianisme, ce fut alors ‘ qu’il subit l’influence de Libanios, qui enseignait en ce " temps a Nicomédie, ainsi que celle de Maxime et des néoplatoniciens qui se groupaient autour de l’école de Pergame et dllidésios. Les rapports qu’il cut avec eux étaient nécessairement secrets; mais leur influence sur lui n’en fut que plus profonde. ll haissait deja le chris- tianisme au fond du coeur, soit parce qu’il lui était im- posé, soit parce qu’il n’y trouvait pas cette haute culture _ de l’esprit qu’il admirait passionnément dans l’antiquité classique. L’éloquence profane le charmait, et, plus en- core sans doute, la théologie mystique des néoplatoni- ciens, qui convenait a son esprit avide de l’inconnu. La subtilité hardie de leur exégese l’enivrait, en meme l temps que leur théurgie exaltait son ame. Il avait vingt· trois ans, lorsque son frere ainé Gallus, que Constance avait fait César, fut rappelé brusquement at Constanti- nople, dépouillé de ses honneurs et mis a mort (35i). Pendant six mois, le jeune Julien se trouva lui-meme en grand danger ; Constance le trainait a sa suite, sans daigner l°admettre en sa presence. L’intercession de 4. ’A1!0XEX)»EtO’[LiV0£ TIGVTCQ [LCV [L¢°';||.dT0€ G"ROU6¢iO‘J, ‘KéG'T}{ pa; évw3E:m;; Leltre aux Athén., p. 349, 350, Hertlein.