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RÉFLEXIONS

biens qu’on attend du mariage ; mais je veux auparavant répondre à l’objection commune contre les unions inséparables, tirée de la stérilité d’un premier lien ; et je tâcherai de prouver que le but principal de la nature, dans l’institution du mariage, étant le bonheur des deux époux, la reproduction de leur être n’est qu’un but secondaire qui ne doit point influer sur la loi. Je sais que dans ce siècle matérialiste, l’on voudroit multiplier les hommes comme nous multiplions les oiseaux de nos basses-cours et peut-être aussi, afin d’en dévorer un plus grand nombre : mais Dieu créa l’homme pour le rendre heureux ; sa multiplication est dans sa félicité, tandis que celle des animaux est dans leur espèce. Un seul homme heureux est plus en harmonie avec le plan du Créateur et de l’univers, que des milliers d’hommes indifférens aux douceurs de la vie. Un seul homme heureux remplit par ses rapports un plus grand espace dans le monde et dans l’ordre des choses, que des milliers d’infortunés, qui s’y trouvent étrangers, discordans et sans place. Cette théorie du bonheur, qui établit une si grande distance entre l’être qui jouit foiblement