Page:Curwood - Kazan, trad. Gruyer et Postif.djvu/211

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tour de l’ensemble rudimentaire de baraques, de cabanes de bûches, de maisons de jeu et de bars dont se composait la nouvelle ville, et risqua au jeu les quelques piécettes qui lui restaient. La chance le favorisa suffisamment pour lui permettre de renouveler ses provisions de bouche et son équipement.

Outre une petite pirogue, le principal de cet équipement fut un vieux fusil, au mécanisme antédiluvien, et dont il ne put s’empêcher de bien rire en l’achetant, lui qui avait manié tant d’armes modernes et magnifiques. Mais c’était tout ce que l’état de ses finances lui avait permis d’acquérir.

Quittant ensuite Red Gold City où l′encombrement et la cohue étaient à leur comble, il résolut de descendre vers le sud, dans sa pirogue, en remontant le Mac-Farlane vers sa source, au delà du point où les chercheurs d’or avaient cessé d’explorer le lit du fleuve. Ce fut là seulement qu’il commença ses recherches.

En prospectant un petit affluent, il trouva de l′or, en effet. Il aurait pu en ramasser pour six à huit dollars par jour. Mais il haussa dédaigneusement les épaules et recommença son exploration.

Patiemment il la continua, toujours en remontant le fleuve, durant plusieurs semaines. Il ne trouva rien. Après une pareille malchance, il eût été dangereux de se rencontrer avec lui. Mais il était seul, dans un désert. Il ne pouvait faire de mal à personne.

Un après-midi, il accosta, avec son embarcation, sur une berge de sable blanc, qui bordait le fleuve. La première chose qui frappa sa vue, sur le sable humide, furent des empreintes de pas d’animaux. Ceux-ci étaient deux. Ensemble et côte à côte, ils étaient descendus vers l’eau, pour y boire. Les empreintes étaient récentes et ne dataient que d’une heure ou deux.

Une curiosité brilla dans les yeux de Sandy, Il regarda autour de lui.