Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/130

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HARANGUE CONTRE LA LOI DE LEPTINE.


Mais, Aristophon, vous qui avez fait rendre ce qui avait été donné sans témoins, parce qu’on disait l’avoir donné au peuple, ne nous exhortez pas à supprimer les grâces accordées par le peuple lui-même, dont tout le monde est instruit, qu’attestent des inscriptions placées dans des temples ; et après nous avoir conseillé de rendre ce qui était dû par le peuple, ne nous conseillez pas de retirer ce qu’on a reçu du peuple.

Quant à Céphisodote, voici seulement ce que je dis. Il ne cède en éloquence à aucun orateur ; mais il serait bien plus beau d’employer ce talent à poursuivre ceux qui vous causent des torts, qu’à faire tort à ceux qui vous rendent des services. Ce sont les méchans qui nuisent à l’état, qu’il faut attaquer, et non les bons qui le servent.

Dinias parlera peut-être des galères qu’il a équipées, et des charges publiques qu’il a remplies. Pour moi, si Dinias a bien servi la république, comme j’en suis persuadé, je l’exhorterais plutôt à demander pour lui-même des récompenses, que de vous conseiller de retirer à d’autres celles que vous leur avez accordées. Oui, il est beaucoup plus honnête de demander soi-même des grâces pour les services qu’on a rendus, que d’envier à d’autres celles que leurs services leur ont fait obtenir.