Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/162

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l52 HARANGUE CONTRE MIDÎAS.

lenvie de faire punir un audacieux qu’ils voyaient attaquer tout le monde indistinctement, un homme dont il n’était plus possible de contenir l’insolence. Dans cet état de choses , après avoir rempli les formalités nécessaires, autorisé par le magistrat, je me présente , comme vous voyez , devant votre tribunal , pour implorer contre Midias la sévjkité des lois. Dans l’objet de me faire désister de mon accusation , on a employé, à plusieurs reprises, les caresses, les menaces même : tout a été inutile. C’est à vous maintenant de faire, pour votre part , ce qui est convenable ; et, plus Midias vous a importunés par ses sollicitations , lui que je voyais dernièrement intriguer sans pudeur dans la place publique, plus j’espère que vous me ferez justice. Non , je ne puis prendre de vous cette idée , que vous soyez capables de froideur et d’indifférence dans une insulte qui vous a tant affectés d’abord ; ni que des juges , liés par un serment, prononcent contre les lumières de leur conscience, afin d’assurer pour toujours à Midias l’impunité de son audace.

Si j’avais à l’accuser d’avoir enfreint les lois, prévariqué dans une ambassade , ou commis quelque autre délit pareil, je me dispenserais de vous adresser des prières, persuadé que, dans de semblables délits, l’accusateur doit simplement convaincre les juges, et que l’accusé seul peut les prier. Mais, puisque Midias a corrompu les juges du théâtre ,